Bienvenue à toi, septembre… et si nous marchions un peu avec L’Hermite ?
- Aline Peres
- il y a 8 heures
- 12 min de lecture

Septembre est enfin là
Il n’y a pas à dire, cet été aura été particulier pour beaucoup d’entre nous.
Je ne sais pas comment vous l’avez vécu, mais moi, cette année, pour une fois, je suis heureuse de voir enfin septembre arriver.
Peut-être pour retrouver un peu de calme. Un peu de fraîcheur aussi. Sentir l’agitation et l’effervescence de l’été s’apaiser, laisser derrière nous la canicule, les feux de forêt qui ont marqué nos régions… et retrouver peu à peu un rythme différent, plus posé.
Et pourtant, c’est assez paradoxal.
Parce que septembre est justement le mois où tout semble vouloir redémarrer.
La rentrée des classes, bien sûr. Mais aussi celle du travail, des projets, des rendez-vous, des activités. Les agendas se remplissent à nouveau. Les associations rouvrent leurs portes, les inscriptions reprennent, les salles de sport nous rappellent soudain leur existence…
Septembre ressemble parfois à un deuxième mois de janvier.
Avec cette même envie de repartir du bon pied, de reprendre de bonnes habitudes, de commencer quelque chose de nouveau.
Et parfois aussi cette étrange tendance à vouloir tout faire entrer dans nos journées avant même d’avoir vérifié qu’il y restait de la place.
Alors cette année, j’ai envie de regarder cette rentrée un peu différemment.
Et peut-être de commencer par une question toute simple :
De quoi ai-je envie, là, maintenant ?
Pas forcément ce que je dois reprendre, organiser ou remettre en route. Mais ce que j’ai envie de faire entrer dans ma vie. Ce qui me fait du bien. Ce qui me nourrit. Ce qui mérite vraiment que je lui fasse une place.
Parce qu’à force de reprendre le rythme, nous pouvons aussi très vite reprendre nos automatismes. Le travail, les obligations, le quotidien… et recommencer à remettre à plus tard ces moments qui nous ressourcent vraiment.
Je le connais bien, ce fonctionnement.
Pendant longtemps, certaines choses qui me faisaient du bien passaient après le reste. Et lorsque j’avais enfin le temps, je n’avais souvent plus l’énergie.
Cette année, j’ai décidé de faire autrement.
Reprendre le padel, par exemple. Et surtout, inscrire dans mon emploi du temps de vrais moments pour moi. Pas uniquement s’il reste une petite place entre deux obligations : leur donner une place à part entière.
Parce que prendre soin de notre énergie ne devrait peut-être pas être ce que nous faisons avec le temps qui reste.
Et c’est précisément là que septembre m’a fait penser à L’Hermite.
Septembre est le neuvième mois de l’année. Et j’aime l’idée de faire résonner symboliquement ce chiffre avec le neuvième arcane du Tarot de Marseille : IX – L’Hermite.
Bien sûr, il ne s’agit pas de faire de L’Hermite « l’énergie de septembre » ou de lui demander de nous prédire les semaines à venir. J’aime simplement cette rencontre symbolique entre le neuvième mois de l’année et le neuvième arcane du Tarot.
Car son image pose, à cet instant précis de l’année, des questions que je trouve particulièrement intéressantes.
L’Hermite avance.
Lentement, certes. Mais il avance.
Il ne court pas après le temps. Sa lanterne n’éclaire pas toute la route devant lui. Elle lui offre juste assez de lumière pour voir où poser le prochain pas.
Peut-être pouvons-nous, nous aussi, prendre le temps. Pas pour rester immobiles jusqu’à ce que toutes les réponses arrivent, mais simplement pour regarder un peu mieux où nous posons les pieds.
Qu’est-ce qui mérite réellement mon énergie aujourd’hui ?
Ce que j’ai envie de reprendre. Ce que j’ai peut-être envie de laisser derrière moi. Ce que je fais encore par habitude. Ce que j’aimerais découvrir. Et ce que j’ai besoin de remettre dans ma vie pour continuer à avancer sans m’y perdre.
Car avant de savoir à quelle vitesse nous voulons repartir, peut-être faudrait-il commencer par nous demander dans quelle direction nous voulons aller.
Et pour cela, L’Hermite possède un merveilleux outil.
Une petite lanterne.
La lumière que nous portons
Cette lanterne est sans doute l’un des symboles que j’aime le plus chez L’Hermite.
Elle éclaire son chemin, bien sûr. Mais sa lumière raconte aussi autre chose.
Elle est cette lumière intérieure que nous construisons peu à peu au fil de notre vie, de nos expériences, de nos rencontres, de nos épreuves aussi. Tout ce que nous avons traversé, compris, intégré vient, d’une certaine manière, alimenter cette flamme.
Et comme toute flamme, elle a besoin d’être entretenue.
Alors peut-être que cette rentrée est aussi l’occasion de nous poser une question que nous oublions facilement lorsque tout recommence à s’accélérer :
Qu’est-ce qui nourrit ma lumière ?
Je trouve cette question beaucoup plus profonde qu’elle n’en a l’air.
Parce que nous savons souvent très bien ce qui remplit nos journées. Nous connaissons nos obligations, nos rendez-vous, les choses à faire, celles auxquelles il faut penser. Mais savons-nous encore reconnaître ce qui nous nourrit vraiment ?
Ce qui nous redonne de l’élan. Ce qui nous apaise. Ce qui nous rend curieux, vivant, présent. Ce moment après lequel nous nous sentons mieux qu’avant.
Et à l’inverse, savons-nous reconnaître ce qui, doucement, épuise cette lumière ?
Certaines choses sont nécessaires et font simplement partie de la vie. Mais d’autres restent là par habitude. Des engagements que nous continuons à tenir sans vraiment savoir pourquoi. Des rythmes que nous avons adoptés et que nous ne questionnons plus. Des automatismes qui finissent par prendre beaucoup de place.
L’Hermite, lui, semble savoir que son énergie est précieuse.
Il ne gaspille pas sa lumière à vouloir éclairer tout autour de lui. Sa lanterne reste proche. Elle éclaire ce dont il a besoin pour continuer.
Et je trouve cette image particulièrement belle pour une rentrée.
Nous avons peut-être profité de l’été pour souffler, nous reposer, retrouver un peu d’énergie. Alors avant de remplir à nouveau chaque espace disponible, pourquoi ne pas nous demander ce que nous avons réellement envie d’en faire ?
Qu’est-ce qui mérite ma lumière ?
Et peut-être aussi :
Qu’est-ce que j’ai envie de protéger pour qu’elle continue de brûler ?
Prendre soin de sa lumière ne signifie pas se couper du monde. C’est apprendre à reconnaître ce qui nous nourrit suffisamment pour pouvoir continuer à y prendre notre place.
Car L’Hermite ne reste pas immobile à contempler sa lanterne.
Il reprend son chemin.

S’éloigner un peu du bruit
L’Hermite avance, mais son chemin ne se fait pas toujours au milieu du monde.
Il y a chez lui un besoin de retrait. Des moments où il s’éloigne de l’agitation extérieure pour retrouver le silence, la profondeur et cette petite lumière que nous venons d’évoquer.
Lorsque je pense à lui, j’ai parfois l’image de Merlin l’Enchanteur qui retourne dans la forêt. Pas pour fuir le monde ni pour y rester caché, mais parce qu’il existe des choses que l’on entend mieux lorsque le bruit s’éloigne.
L’Hermite possède pour moi quelque chose de cette énergie-là.
Celle du chercheur qui prend le temps d’aller au fond des choses. Du sage qui ne se contente pas de ce qui apparaît à la surface. De celui qui explore, observe, questionne et laisse aussi une place à son intuition.
Il peut y avoir chez lui quelque chose du guérisseur, également. Peut-être parce qu’il connaît la traversée. Sa sagesse n’est pas seulement celle des livres ou du savoir accumulé. Elle vient de ce qu’il a vécu, de ce qu’il a cherché à comprendre et de ce qu’il a peu à peu transformé en connaissance.
Finalement, nous avons tous nos propres forêts.
Ce peut être une promenade, quelques heures seul, un livre, un moment de silence, un espace de création… Peu importe la forme. Ce qui compte, c’est cet endroit ( réel ou intérieur ) où nous pouvons momentanément nous éloigner du bruit pour entendre autre chose.
Et dans nos vies où tout nous sollicite, cette question me semble précieuse :
Au milieu de tout ce bruit, est-ce que j’entends encore ce qui est juste pour moi ?
Car se retirer un moment ne signifie pas nécessairement s’isoler.
La solitude de L’Hermite peut être choisie, consciente, féconde. Elle lui permet de retrouver son centre, de faire le tri, de comprendre ce qu’il vient de traverser avant de reprendre la route.
Et peut-être est-ce aussi cela, la sagesse de L’Hermite : savoir que nous n’avons pas toujours besoin d’ajouter quelque chose à notre vie pour avancer. Parfois, nous avons simplement besoin d’un peu d’espace pour entendre ce qui est déjà là.
L’école de l’expérience
Il y a d’ailleurs quelque chose d’assez joli à retrouver L’Hermite au moment de la rentrée.
Pendant que les enfants reprennent le chemin de l’école, lui nous rappelle une autre forme d’apprentissage : celle de l’expérience.
Alors, si nous faisions nous aussi notre rentrée, avec un drôle de cahier sous le bras, quelle serait la première question à y écrire ?
Qu’est-ce que la vie m’a appris depuis ma dernière rentrée ?
Pas seulement ce qui nous est arrivé.
Ce que nous en avons compris.
Ce que nous savons aujourd’hui que nous ne savions pas il y a un an. Ce que certaines expériences nous ont appris sur nous-mêmes, sur nos limites, nos besoins, nos relations, nos choix. Peut-être même sur ce que nous ne voulons plus.
L’Hermite regarde parfois derrière lui. Il ne le fait pas pour retourner vivre dans le passé. Il regarde le chemin parcouru parce qu’il sait qu’il contient quelque chose de précieux.
L’expérience devient véritablement une lumière lorsqu’elle nous aide à éclairer la suite.
Rentrer… à l’intérieur
Il y a un autre mot que L’Hermite semble connaître mieux que beaucoup d’entre nous : la patience.
Il avance lentement. Son pas est mesuré. Il sait que certaines choses ne peuvent pas être accélérées et que ce qui demande à être compris en profondeur a parfois simplement besoin de temps.
Ce n’est sans doute pas un hasard si L’Hermite est traditionnellement représenté sous les traits d’un homme âgé. Il porte avec lui le temps vécu, l’expérience, la maturité. Il nous rappelle que tout ne se comprend pas immédiatement, que certaines réponses se construisent et que certains chemins demandent d’être parcourus avant de révéler leur sens.
Et cette lenteur-là n’a rien de vide.
L’Hermite cherche. Il creuse. Il observe. Il revient parfois sur ses pas pour éclairer ce qui est resté dans l’ombre. Il s’intéresse à ce qui se trouve derrière les apparences, aux racines d’une histoire, à ce qui s’est transmis et continue parfois d’agir longtemps après.
C’est aussi pour cela que cet arcane me parle particulièrement dans le travail transgénérationnel. Sa lanterne peut symboliquement se tourner vers notre passé, vers notre histoire, vers notre lignée. Éclairer ce qui a été ne signifie pas y rester enfermé. Cela peut au contraire nous permettre de mieux comprendre ce que nous portons et de choisir plus consciemment ce que nous souhaitons continuer à emmener avec nous.
L’Hermite n’aime guère le superficiel. Il veut comprendre ce qui a du sens.
Et peut-être que notre fameuse « rentrée » prend ici une autre dimension.
En septembre, nous rentrons de vacances, les enfants rentrent à l’école, nous rentrons dans un nouveau rythme… et les journées qui raccourciront peu à peu nous ramèneront aussi davantage à l’intérieur de nos maisons.
Alors pourquoi ne pas profiter de ce mouvement pour rentrer aussi un peu à l’intérieur de nous-mêmes ?
Pour aller voir plus profondément.
Ce que nous avons vécu. Ce que nous avons compris. Ce qui demande encore du temps. Ce qui se répète peut-être. Ce qui appartient à notre histoire et ce dont nous avons aujourd’hui envie de faire quelque chose de différent.
La patience de L’Hermite nous apprend peut-être cela : nous laisser le temps de comprendre sans exiger de nous une réponse immédiate.
Mais il existe une frontière subtile.
Car prendre le temps de regarder son passé peut nous aider à avancer. Y revenir encore et encore peut aussi nous y maintenir.
Chercher à comprendre peut nous éclairer. Vouloir tout comprendre avant de faire le moindre pas peut finir par nous immobiliser.

Quand L’Hermite reste trop longtemps dans sa forêt
Il est parfois confortable, ce refuge.
Le silence fait du bien. Le temps ralentit. Nous pouvons réfléchir, observer, comprendre, remettre certaines choses en perspective. Et cette solitude, lorsqu’elle est choisie, peut être profondément ressourçante.
L’Hermite en a besoin. Il s’éloigne un temps, retrouve sa forêt, son silence, son monde intérieur. Puis, normalement, il revient.
Mais parfois… il ne revient pas tout de suite.
Et c’est peut-être là que nous retrouvons cette image de L’Hermite que beaucoup d’entre nous n’aiment pas vraiment voir : le vieux monsieur solitaire, un peu grincheux, parfois même acariâtre, enfermé dans son monde et qui ne veut plus vraiment qu’on vienne le déranger.
Cette représentation n’est finalement pas si éloignée de l’arcane lorsqu’il se déséquilibre.
Car une solitude choisie peut peu à peu devenir une solitude subie. À force de se protéger du bruit, des autres ou de ce qui pourrait le bousculer, L’Hermite peut finir par se couper du monde. Et derrière son « je suis très bien tout seul » peuvent parfois se cacher des peurs, une difficulté à faire confiance, à demander de l’aide ou simplement à reprendre sa place parmi les autres.
Sa prudence peut alors devenir une peur d’avancer. Sa patience, une attente qui n’en finit plus. Son besoin de tranquillité, un enfermement. Et cette merveilleuse capacité à aller au fond des choses peut l’entraîner dans les méandres de la rumination.
À force de chercher à comprendre, nous pouvons tourner encore et encore autour de la même histoire.
Pourquoi cela m’est-il arrivé ? Qu’aurais-je dû faire autrement ? Qu’est-ce que je n’ai pas compris ? Et si j’avais choisi autre chose ?
La lanterne qui nous permettait d’éclairer le passé finit alors par rester braquée au même endroit.
Or comprendre notre histoire n’a de sens que si cette compréhension nous permet, un jour, de regarder à nouveau devant nous.
C’est une nuance qui me semble particulièrement importante avec L’Hermite : prendre son temps ne signifie pas attendre de ne plus avoir peur.
Nous pouvons avoir besoin de réfléchir avant une décision. De nous retirer quelque temps. De chercher du sens. De laisser mûrir quelque chose.
Mais aurons-nous un jour toutes les réponses ?
Probablement pas.
Et L’Hermite lui-même nous le montre : il marche dans une lumière limitée. Sa lanterne n’éclaire pas ce qui se trouve au bout du chemin. Elle éclaire simplement quelques pas devant lui.
Il accepte donc, lui aussi, une part d’inconnu.
Peut-être que la patience qu’il nous enseigne n’est pas seulement celle qui consiste à savoir attendre.
C’est aussi celle qui permet d’avancer doucement sans exiger de connaître toute la suite.
Alors, de temps en temps, nous pouvons nous poser cette question :
Est-ce que ce temps de recul m’aide à évoluer ou, au contraire, est-ce qu’il m’empêche d’avancer ?
Et une autre, peut-être plus inconfortable encore :
Est-ce que je cherche encore à comprendre… ou est-ce que je tourne autour de la même histoire ?
L’Hermite nous invite à descendre profondément en nous. Mais il ne nous demande pas d’y rester.
À un moment, il faut ressortir de la forêt.
Celui qui éclaire sans montrer le chemin
Et lorsqu’il en ressort, L’Hermite ne revient pas tout à fait le même.
Il rapporte avec lui ce qu’il a appris, compris, traversé. C’est peut-être là que le vieux sage prend tout son sens.
Car L’Hermite est aussi une figure du guide.
Pas celui qui prétend connaître toutes les réponses. Encore moins celui qui décide pour l’autre de la direction à prendre.
J’aime davantage l’imaginer comme quelqu’un qui a déjà parcouru quelques chemins, connu quelques nuits, rencontré quelques impasses… et qui peut, grâce à son expérience, tenir une lanterne auprès de celui qui traverse à son tour.
Éclairer sans éblouir. Accompagner sans diriger. Transmettre sans imposer.
C’est une posture que je trouve particulièrement belle.
Le véritable guide ne marche pas à notre place. Il peut nous aider à regarder autrement, à poser une question que nous n’avions pas envisagée, à éclairer quelque chose resté dans l’ombre.
Puis il nous rend notre chemin.
Parce qu’au bout du compte, la lumière dont nous avons besoin pour avancer doit aussi devenir la nôtre.
Et maintenant… reprendre le chemin
Nous voilà presque revenus à notre point de départ.
Septembre est là. La rentrée aussi. Les agendas vont continuer à se remplir, les projets à reprendre, les journées à retrouver leur rythme.
Et pourtant, autour de nous, la nature commence doucement à nous raconter une autre histoire.
La lumière décline un peu plus tôt. Les matins se font plus frais. Les journées raccourcissent doucement et, presque sans que nous nous en apercevions, nous commençons à rentrer davantage à l’intérieur de nos maisons.
J’aime cette idée que la nature, elle, ne se précipite pas.
Elle change de rythme.
Et peut-être que L’Hermite nous invite simplement à observer ce mouvement. À accepter, nous aussi, de ralentir suffisamment pour revenir un peu vers l’intérieur, nous ressourcer, faire le tri, écouter ce qui demande encore notre attention… avant de repartir vers le monde.
Finalement, tout est déjà là.
La lumière qui diminue dehors nous rappelle peut-être l’importance de prendre soin de celle qui reste allumée à l’intérieur.
Et L’Hermite ne nous demande pas de rester dans notre forêt.
Il nous invite à en ressortir peut-être un peu plus conscients de ce que nous avons envie d’emporter avec nous.
De ce qui nourrit notre lumière. De ce qui mérite notre énergie. De ce que les derniers mois nous ont appris. De ce que nous avons envie d’approfondir, de transformer… ou peut-être de laisser derrière nous.
Alors cette année, je n’ai pas envie de faire de septembre le mois où il faudrait déjà savoir exactement ce que seront les prochains mois.
J’ai plutôt envie d’y poser quelques jalons.
Faire une place à ce qui me fait du bien. Choisir avec un peu plus de discernement ce à quoi je donne mon temps et mon énergie. Accepter aussi que certaines choses prennent du temps.
Et avancer.
Parce que c’est peut-être cela que j’ai surtout envie de retenir de L’Hermite :
Nous n’avons pas besoin de voir toute la route pour nous mettre en chemin.
Sa lanterne n’éclaire que quelques pas devant lui.
Et cela lui suffit.
Alors peut-être pouvons-nous nous demander, en cette rentrée :
Quel est le prochain pas que ma lanterne me permet de voir ?
Pas celui d’après. Pas celui que les autres attendent de nous.
Juste le prochain.
Et si septembre commençait simplement comme ça ?
Avec un peu moins de précipitation. Un peu plus de profondeur. Quelques moments laissés au silence. De la patience pour ce qui demande encore à mûrir. Et suffisamment de lumière pour continuer à avancer.
Finalement, réussir sa rentrée ne consiste peut-être pas à remplir tout de suite les mois qui viennent.
Peut-être pouvons-nous simplement commencer par rentrer un peu en nous… avant de repartir vers le monde.

Aline Peres — Se comprendre. Se choisir. Vivre.




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